Préparer un repas complet à la friteuse sans huile impose presque toujours un compromis. Une grande cuve unique accueille un poulet entier mais interdit de cuire séparément deux aliments ; un double tiroir fixe synchronise frites et poisson mais bute dès qu’une pièce dépasse la taille d’un compartiment. Le Philips Air fryer Série 1000, dans sa version modulable NA154/00, promet de réconcilier ces deux usages dans un seul appareil, et à un tarif qui le place sous ses concurrents directs.
Tient-il cette promesse au quotidien ? Pour le savoir, nous avons recoupé les retours d’utilisateurs et les mesures relevées au fil des tests, afin de dresser une image fidèle de ses forces comme de ses limites. Modularité réelle, fonctions connectées, qualité de cuisson, entretien et vrais défauts à connaître : voici, sans complaisance, ce que vaut cette friteuse, et surtout pour qui elle est faite.
7,1 litres ou deux paniers : un appareil qui s’adapte à vos menus
Le cœur de l’appareil, c’est sa cuve unique de 7,1 litres dotée d’un séparateur amovible, qui autorise deux usages distincts :
- Cloison retirée, une grande cuve unique de 7,1 litres, idéale pour une pièce volumineuse ou pour nourrir cinq à six convives.
- Cloison en place, deux compartiments de 3,55 litres, chacun avec sa propre température et sa propre durée.
C’est cette bascule entre deux configurations qui distingue nettement la Série 1000 d’un double tiroir classique, lequel ne fusionne jamais ses deux bacs en un seul espace.

Esthétiquement, Philips reste fidèle à sa signature : corps noir mat sobre et poignée gris charbon qui s’intègrent sans heurt dans une cuisine contemporaine. Les dimensions, 43,7 x 29,5 x 30,1 cm, restent étonnamment contenues pour une telle contenance, et le poids plume de 5,8 kg facilite le rangement, au prix d’une stabilité perfectible sur laquelle nous reviendrons.
La conception interne, elle, est soignée. Le séparateur dispose de bords intégralement gainés de caoutchouc, ce qui assure une étanchéité thermique remarquable : lorsqu’une seule zone est utilisée, la zone voisine reste parfaitement froide. De quoi garantir un meilleur rendement quand on cuisine pour une ou deux personnes, et une sécurité d’usage réelle, les poignées et les flancs ne chauffant jamais.
« Série 1000 », deux appareils à ne pas confondre
D’un côté, le NA154/00, objet de cet avis : une grande cuve modulable de 7,1 litres sécable en deux, un écran tactile, la cuisson synchronisée, le tout autour de 150 €. De l’autre, une Série 1000 « simple » d’environ 4,2 litres à panier unique, pilotée par deux molettes mécaniques pour la température et la minuterie, sans écran ni programmes préréglés, et positionnée bien plus bas, autour de 89 €, souvent moins en promotion. Deux philosophies, deux budgets, deux usages.
| Critère | Série 1000 NA154/00 (modulable) | Série 1000 « simple » |
|---|---|---|
| Capacité | 7,1 L (ou 2 × 3,55 L) | Environ 4,2 L |
| Configuration | Cuve modulable, double zone | Panier unique |
| Séparateur amovible | Oui | Non |
| Cuisson synchronisée | Oui | Non |
| Commande | Écran tactile + programmes | Deux molettes mécaniques |
| Application HomeID | Oui | Oui (via QR code) |
| Idéal pour | Familles de 3 à 5 personnes | Petit foyer, budget serré |
Concrètement, choisir l’un en pensant prendre l’autre mène droit au regret. Le modèle à molettes constitue un excellent premier équipement pour un petit foyer ou un budget serré, mais il n’offre ni séparateur, ni double zone, ni interface numérique : impossible d’y cuire deux plats à des réglages distincts. À l’inverse, le NA154/00 justifie son tarif par sa polyvalence familiale. Avant de valider votre panier, le réflexe le plus sûr reste de vérifier la référence exacte sur la fiche produit : la mention « NA154/00 », la capacité de 7,1 litres et la présence d’un écran tactile sont les trois marqueurs qui confirment que vous tenez bien le modèle modulable. Le reste de cet avis lui est exclusivement consacré.
Les fonctions connectées passées au crible
Au-delà de sa cuve modulable, la Série 1000 mise sur quelques fonctions censées simplifier la vie : une cuisson synchronisée, des programmes préréglés et une application dédiée. Sur le papier, le trio est séduisant. À l’usage, certaines tiennent parfaitement leur rôle quand d’autres se révèlent plus anecdotiques. Voici ce qu’en retiennent les utilisateurs.

La synchronisation et la fonction copie
La cuisson synchronisée tient-elle ses promesses ? Dans l’ensemble, oui. La fonction d’arrêt synchronisé calcule les départs de chaque zone pour que les deux préparations se terminent à la même seconde, ce qui élimine le grand classique de l’accompagnement refroidi pendant que le plat principal finit de dorer. La fonction de copie, censée dupliquer les réglages d’un panier vers l’autre, se montre en revanche capricieuse selon plusieurs retours : impossible de la déclencher depuis un programme prédéfini, elle ne fonctionne qu’avec une température et un temps saisis manuellement. Un détail, mais qui trahit une finition logicielle perfectible.
Dix programmes annoncés, six au rendez-vous
Côté programmes, prudence également. La communication officielle met en avant dix modes préréglés ; dans les faits, seuls six sont réellement accessibles depuis l’écran, d’après les utilisateurs : frites surgelées, steak, pilons de poulet, mélange de légumes, gâteau et réchauffage. L’écart n’est pas anodin pour un acheteur qui choisit l’appareil pour sa simplicité. Le réglage manuel reste heureusement complet, de 40 à 200 °C et de 1 à 60 minutes.
L’application HomeID, un complément dispensable
L’écosystème se prolonge avec l’application HomeID, associée à l’appareil via un QR code. Elle propose une bibliothèque de recettes guidées étape par étape, calibrées pour la friteuse, et un suivi de cuisson depuis le smartphone. L’intention est bonne, mais l’utilité reste limitée : l’appareil se pilote très bien en autonomie depuis son écran, et l’application se cantonne au rôle de réservoir d’idées que l’on délaisse vite.
Frites, poulet, nuggets : le verdict des essais des utilisateurs
Côté moteur, la Série 1000 affiche 2450 watts et s’appuie sur la technologie Rapid Air, qui brasse l’air chaud à grande vitesse pour saisir les aliments. La montée en température est franche : d’après les mesures relevées lors des tests, 200 °C sont atteints en 1 minute et 44 secondes, ce qui rend tout préchauffage superflu et place l’appareil loin devant un four traditionnel. La fiabilité thermique suit, les relevés faisant état de 198 °C réels pour une consigne de 200 °C.
Le point faible le plus souvent cité concerne l’homogénéité de la chaleur. La résistance en spirale, logée au sommet de chaque zone, concentre la chaleur sur la périphérie du panier et laisse le centre nettement moins exposé. À 180 °C de consigne, les températures relevées oscillent entre 176,6 et 191,1 °C selon l’endroit ; à 200 °C, la même température maximale que pour l’air fryer Série 5000, l’écart se creuse de 198,6 à 215,2 °C, soit une fluctuation supérieure à 16 degrés. Les bords cuisent donc plus vite que le milieu, et de nombreux utilisateurs recommandent de remuer fréquemment pour rattraper ces points chauds.

Les retours d’expérience le confirment, avec des résultats inégaux selon les aliments :
- Frites allumettes surgelées (300 g) : après vingt-cinq minutes, le bilan reste mitigé, une partie trop cuite quand d’autres sont parfaites.
- Demi-aubergine en rondelles : bien dorée en douze minutes, seul le cœur des plus grosses tranches restant un peu ferme.
- Cuisse de poulet surgelée (290 g) : franche réussite, peau dorée et croustillante, chair cuite à point, mais au prix de trente-cinq minutes.
- Nuggets surgelés : douze minutes suffisent pour un résultat doré et croustillant à cœur.
D’où un enseignement qui revient dans la majorité des avis : ne suivez pas aveuglément le manuel ni l’application. Là où Philips suggère vingt à vingt-deux minutes pour des nuggets, douze suffisent généralement ; à l’inverse, le programme « pilon » est jugé trop timide pour une cuisse de poulet. Fiez-vous à votre œil, activez le rappel sonore pour secouer les aliments à mi-parcours, et traitez les préréglages comme un point de départ.
Bien nettoyer et roder son air fryer Philips Série 1000

Philips annonce que la cuve, le séparateur et les plaques passent au lave-vaisselle, et c’est techniquement exact. Mais l’usage quotidien révèle un défaut agaçant : les poignées du tiroir sont creuses et percées d’ouvertures. L’eau de lavage s’y infiltre pendant le cycle et y stagne, vous obligeant à secouer le bac dans tous les sens au déballage, avec le risque de répandre une eau grise sur le plan de travail. La plupart des utilisateurs déconseillent donc le passage du tiroir en machine, au profit d’un nettoyage manuel à l’éponge non abrasive et à l’eau chaude. Les grilles ressortent propres d’un lavage à 70 °C, tandis que le séparateur conserve parfois quelques traces de graisse.
Avant la première utilisation, ne négligez pas le rodage. À l’ouverture, une fine pellicule de paraffine, résidu de fabrication, recouvre souvent le bac et la grille, et l’odeur de neuf est prononcée. Trois gestes suffisent à régler la question :
- Lavez le bac, la grille et le séparateur à l’eau chaude savonneuse.
- Faites tourner l’appareil à vide une vingtaine de minutes à pleine puissance.
- Placez-vous près d’une fenêtre ouverte pour évacuer les fumées de paraffine.
Ce rituel évite que la première vraie cuisson ne prenne un goût de plastique. Sur la durée, l’appareil bénéficie d’une garantie de deux ans et de matériaux sans BPA ni PFOA ; pour préserver le revêtement antiadhésif, bannissez les ustensiles métalliques au profit d’accessoires en silicone.
Les vrais défauts à connaître avant d’acheter
Aucun appareil n’est parfait, et plusieurs irritants reviennent dans les retours d’utilisateurs :
Cordon trop court
Relevé autour de 85 cm, parfois annoncé plus court encore selon les fiches, il impose une prise murale à proximité immédiate.
Écran sur le dessus
Il oblige à se pencher pour suivre la cuisson et interdit de poser quoi que ce soit sur l’appareil, là où un afficheur frontal se lirait à distance.
Finition tactile brillante
Un aimant à traces de doigts, qui réclame un coup de chiffon régulier.
Ouverture à deux mains
La sécurité exige d’actionner les deux poignées en même temps, peu commode quand les mains sont occupées.
Légèreté trompeuse
Pratique pour le rangement, mais l’appareil se déplace un peu sur le plan de travail si l’on tire le tiroir avec vigueur.
Aucun accessoire fourni
Ni pince ni grille additionnelle à la livraison.
Perforations des plaques trop larges
Les frites les plus fines passent régulièrement sous la grille.





